Albert-Kahn, musée et jardin départementaux: Rénovation du Musée

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Rénovation du musée

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Un projet architectural original, respectueux du patrimoine existant

Le projet de Kengo Kuma a été choisi le 29 octobre 2012, dans le cadre d'un concours,  parmi cinq propositions émanant d’architectes de renommée internationale par un jury composé d’élus, d’architectes et de personnalités compétentes dans le domaine patrimonial.

Kengo Kuma accorde une place essentielle à la nature. Il s’efforce d’intégrer de façon harmonieuse ses constructions dans le paysage, entrant ainsi pleinement en résonance avec la réalité du site de Boulogne-Billancourt. Afin de créer un dialogue entre le bâtiment et le jardin, le futur musée est conçu autour de la réinterprétation d’un élément traditionnel de l’architecture japonaise : l’Engawa. Ce dernier permet la transition entre l'intérieur d'une maison et l'espace public. Ici, il est représenté par un espace ouvert, rythmé par de fins écrans qui orientent la vue. Il favorise à la fois la déambulation et la contemplation du jardin.

L’œuvre de l’architecte se définit également comme une synthèse entre Orient et Occident, visant à inscrire la tradition japonaise dans la modernité. Il cherche à réactualiser sans passéisme de nombreuses techniques traditionnelles, plus en accord, selon lui, avec l'environnement. Le nouveau bâtiment de 2 300 m², conçu comme un origami, s’inscrit pleinement  dans la philosophie de Kengo Kuma tout en constituant un hommage à la relation particulière qu’Albert Kahn entretenait avec le Japon.

 © CP/Kengo Kuma and Associates

Les bâtiments existants, eux-mêmes chargés d’histoire, seront dans une large mesure ouverts au public. Ils seront traités avec le plus grand respect pour la qualité et la cohérence du patrimoine historique légué par Albert Kahn. La muséographie tiendra compte de la contrainte de refaire « l’histoire en son lieu même ». Les volumes et les installations d’origine resteront lisibles.

Les interventions effectuées au sein du jardin, limitées au strict minimum, seront menées dans le respect des règles de conservation. A l'instar de tout le travail de restauration entrepris depuis les années 90 à l'appui des autochromes, et notamment lors de la tempête de 1999,  elles prendront en compte les logiques paysagères dictées par l'histoire et l'esprit du lieu.

L’articulation du nouveau bâtiment et du jardin anglais a été conçue dans un réel souci d’intégration. Les plantations envisagées sur ce secteur resteront dans l'esprit de la scène paysagère contigüe pour assurer une continuité visuelle. Le tracé des allées ne sera absolument pas modifié.

Le travail du paysagiste restera cantonné à des espaces qui ne sont pas aujourd’hui accessibles au public : l'arrière du palmarium, actuellement une aire bétonnée, sera qualifié en extension de la forêt vosgienne, et l'espace situé entre les différents bâtiments de l'administration, actuellement délaissé et peu entretenu, retrouvera un caractère paysagé.

La valorisation des collections et l’accueil d’un public élargi

Grâce à ce projet de rénovation, le musée va notablement améliorer son offre culturelle :

le parcours de référence resituera l’oeuvre complexe d’Albert Kahn dans son contexte historique, culturel et scientifique, afin d’en évaluer l’originalité et l’importance aujourd’hui;

les expositions temporaires bénéficieront d’espaces fonctionnels et modulables, permettant d’accueillir des projets variés et ambitieux ;

un auditorium d’une centaine de places, un espace découverte pour les familles et des ateliers pédagogiques seront à la base d’une véritable politique des publics visant à élargir et diversifier la fréquentation ;

une boutique, un restaurant de 60 couverts et un salon de thé avec terrasse sur le toit amélioreront la qualité de l’accueil et des services proposés aux différents publics ;

• des locaux administratifs, suffisants pour regrouper l’ensemble des services, réintroduiront une cohérence organisationnelle.

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Kengo Kuma > Réactualiser la tradition architecturale japonaise

Né en 1954, Kengo Kuma suit des études d'architecte et d'ingénieur à l'université de Tokyo. Il obtient son diplôme en 1979. En 1987, il ouvre un cabinet de design et, en 1990, il fonde son cabinet d'architecture, Kengo Kuma & Associates. En 1997, il gagne le prestigieux prix de l'Institut architectural du Japon. Son œuvre se présente avant tout comme une critique des académismes, des formalismes et de toute complaisance au style et à la mode.
 

 

La conservation d'un jardin patrimonial au sein d'un musée : un projet sur le long terme


Rêver le monde dans ses jardins

Banquier richissime, amateur éclairé, humaniste artisan d’un projet pacificateur… Albert Kahn a investi la majeure partie de sa fortune personnelle dans un immense projet, au nom du progrès des sciences sociales et de l’humanité, désireux de donner aux hommes les moyens de mieux se connaître. De cette volonté, il nous reste un jardin à thèmes de 4 hectares, monde en miniature qui rassemble différentes sensibilités paysagères, et le fonds des Archives de la Planète, inventaire des réalités culturelles saisies à travers près de 90 000 photographies et de plus d’une centaine d’heures de films.

Émanation de l’esprit du temps, celui des grands inventaires ayant pour ambition d’embrasser tout l’univers, les collections de jardins et d’images se répondent et s’éclairent mutuellement, manifestant une volonté de restituer le réel selon différentes modalités. À l’objectivité supposée du travail d’enregistrement par l’image répond la tentative de synthèse poétique dans le jardin. L’articulation entre les deux types de restitution de l’ailleurs semble très cohérente dans le projet de Kahn, formant un ensemble relevant de la même démarche intellectuelle. Au-delà de la tentation utopique d’embrasser le réel dans sa globalité, c’est finalement le principe de l’abolition de la distance qui est posé. Kahn rend le monde désormais accessible, à portée d’images lors de séances de visionnage, à portée de main lors de promenades. 

Le jardin, au sein duquel des essences, des compositions, des ambiances… aux origines diverses cohabitent, fonctionne comme la métaphore sensorielle du projet humaniste de son propriétaire, manifestant une humanité réconciliée, à la fois une et multiple.

Conserver un patrimoine vivant : entre restauration et création

En 1932, conséquence de la crise financière mondiale qui l’a ruiné, les biens d’Albert Kahn sont saisis. Sous l’influence des admirateurs de son œuvre, le Département de la Seine acquiert en 1936 la propriété et les collections d’images. Malgré cette mobilisation, il est difficile à l’époque d’appréhender la pertinence et la cohérence de l’œuvre dans son ensemble. Considérés indépendamment les uns des autres, certains biens sont revendus, d’autres détruits, d’autres enfin conservés. Les années passant, le jardin perd peu à peu son caractère historique, devenant un parc public de proximité, avec jeux d’enfants et bacs à sable.

Dans le cadre d’un projet patrimonial relatif à l’ensemble des collections lancé en 1989 et la création d’un musée classé « Musée de France », des travaux de restauration des jardins sont envisagés. Une réflexion sur le statut d’un tel patrimoine est alors menée.

Un jardin patrimonial, supposé conforme à un état « originel », pose avec plus d’acuité que d’autres éléments patrimoniaux, la question du temps qui passe. Comment contraindre à l’immobilité une matière vivante appelée à grandir, se déployer, vieillir puis disparaître ? Comment gérer les rapports d’échelles qui se modifient avec la croissance des arbres ? Comment maintenir dans l’esprit initial des écosystèmes nécessairement en évolution?

Pour répondre aux questions soulevées par la gestion d’un jardin historique, les équipes ont suivi les préconisations de la Charte de Florence, adoptée par les professionnels du patrimoine en 1982. Selon cette dernière, la restauration de ce « monument vivant », par essence évolutif, suppose de laisser subsister les marques de son histoire.

Le projet de restauration d’un tel site a donc été guidé par des recherches menées sur les états antérieurs du jardin (plans, cadastres, titres de propriété, documents relatifs aux entreprises de paysage, etc.). Le recours à l’importante documentation iconographique (près de 2500 clichés) a été ici fondamental.

Chaque restauration est entreprise à la fois dans un souci de restitution des jardins à l’époque d’Albert Kahn, mais également dans le respect de leur évolution. Ainsi, les arbres du début du 20e siècle encore viables sont maintenus afin de conserver la mémoire des lieux. Parallèlement, les moyens d’intervention sont modernisés (gestion écologique, arrosage automatique …).

Outre ce travail de restauration à l’identique, des projets de recréation dans l’esprit de l’époque ont également été entrepris. La création du versant alsacien de la forêt vosgienne venant compléter la partie lorraine d’origine, en est un bon exemple. Faisant suite à la tempête de 1999, cette intervention a permis d’agrandir la forêt et de mieux isoler le jardin du reste de la ville.

Enfin, le jardin abrite une création contemporaine, remplaçant une partie très dégradée du jardin d’origine. L’auteur, Fumiaki Takano, a souhaité rendre un hommage à la vie et l’œuvre d’Albert Kahn. Pour cela, il a utilisé le vocabulaire traditionnel des jardins aristocratiques, synthétisant dans un espace contraint l’ensemble des paysages emblématiques du Japon.

 

  

A ces projets de réhabilitation de grande envergure, il faut souligner le travail continu nécessaire à la conservation de ces collections végétales. Une équipe d’une quinzaine de jardiniers veille à leur entretien, cherchant à garantir le juste équilibre entre les différentes vocations du lieu (historique, paysagère, sociale, écologique…). Parallèlement, les recherches permettant de documenter son histoire se poursuivent. Elles sont diffusées au public au sein d’expositions, publications et visites.

Un patrimoine à valoriser : une rénovation bâtimentaire au service d’un projet scientifique et culturel

Dans la perspective d’une meilleure conservation des collections, d’une présentation renouvelée et d’un accueil des publics conforme aux exigences d’un musée moderne, le Conseil Général s’est engagé dans un chantier de rénovation du site, réalisé par l’architecte Kengo Kuma, avec la construction d’un nouveau bâtiment et la réhabilitation de bâtiments existants. Ces derniers seront dans une large mesure ouverts au public.

 

 

Les interventions effectuées au sein du jardin, limitées au strict nécessaire, seront menées dans le respect des règles de conservation et prendront en compte les logiques paysagères dictées par l’histoire et l’esprit du lieu.

L’articulation du nouveau bâtiment et du jardin anglais a été conçue dans un réel souci d’intégration. Les plantations envisagées sur ce secteur resteront dans l'esprit de la scène paysagère contigüe pour assurer une continuité visuelle. Le tracé des allées ne sera absolument pas modifié.

Le travail du paysagiste restera cantonné à des espaces qui ne sont pas aujourd’hui accessibles au public. L'arrière du palmarium, actuellement une aire bétonnée, sera qualifié en extension de la forêt vosgienne. L'espace situé entre les différents bâtiments de l'administration, actuellement délaissé et peu entretenu, retrouvera un caractère paysagé.

Les bâtiments, directement liés à l’histoire du jardin et de son utilisation, seront également  valorisés.

Les maisons japonaises tout d’abord. Après plus de 100 ans passés dans les jardins, ces éléments patrimoniaux exceptionnels, aujourd’hui très abîmés, feront l’objet d’une importante restauration. Elle s’appuiera sur une étude historique et un diagnostic technique précis, réalisés par un archéologue spécialiste de l’architecture japonaise de la fin du XIXe siècle. Ces travaux, conduits dans le souci du maintien de l’intégrité des matériaux originaux, s’achèveront fin 2015.

Les bâtiments de la serre et de la « grange vosgienne » ensuite, éléments centraux d’un parcours de visite visant à réarticuler l’ensemble des collections.

Les ailes latérales de la serre seront consacrées à la place du jardin dans le projet politique, social et philosophique d’Albert Kahn. Lieu de sociabilité mondaine, il est également un lieu d’observation privilégié d’une nature en transformation. Le jardin d’hiver sera intégré de façon très articulée au reste du parcours. Les terrasses, à nouveau accessibles, offriront un point de vue sur la totalité du site pour mieux en faire comprendre l’organisation.

La grange vosgienne constituera un espace d’interprétation sur les questions de patrimoine végétal. L’art des jardiniers et les techniques horticoles à l’époque de Kahn seront mises en perspective à travers les modes de gestion d’un jardin historique aujourd’hui. L’exceptionnel fonds d’images consacré au seul jardin, grâce auquel le site a pu être restauré dans son esprit d’origine sera questionné à cette occasion.

D’une manière générale ce projet de rénovation s’inscrit dans la continuité de la politique de conservation des collections du musée, mise en œuvre depuis plus d’une trentaine d’années.   Parallèlement, il constitue une opportunité unique de faire rayonner plus largement la pensée riche et complexe qu’elles matérialisent, en cherchant à l’expliciter et la partager avec le plus grand nombre.

Une rénovation en 3 grandes phases


Le phasage proposé permettra à la fois le maintien des activités d’exposition et l’ouverture du jardin au public durant les travaux.

Septembre 2014

Début des démolitions des bâtiments situés rue du Port

Première phase des travaux - 2015

• Restauration des fabriques japonaises
• Début de la construction du nouveau bâtiment

Deuxième phase - 2016

• Livraison du nouveau bâtiment
• Réhabilitation de la serre et de la grange vosgienne (sans conséquence pour le public hormis une zone de chantier autour du bâtiment)

Troisième phase - 2017

• Ouverture au public du nouveau bâtiment et de la serre et fermeture de la galerie d’exposition actuelle
• Réhabilitation de la galerie actuelle en auditorium et salle de conférences/séminaires (sans conséquence pour le public hormis une zone de chantier autour des bâtiments)
• Réhabilitation des bâtiments de conservation et de la salle de conférence actuelle

 

Phasage prévisionnel

En images


    

© CP/Kengo Kuma and Associates


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A télécharger

 Plaquette d'information

 

En savoir plus

A la recherche d'Albert Kahn. Inventaire avant travaux

Jusqu'au 21 décembre 2014, Albert-Kahn, musée et jardin organise une exposition inédite : « À la recherche d’Albert Kahn. Inventaire avant travaux », qui présente 15 ans de recherches sur Albert Kahn et son œuvre. Cette rétrospective dresse un état des lieux des connaissances acquises et les resitue dans leur contexte historique, social et politique. Elle précède le chantier de rénovation du musée qui se déroulera à partir de 2015. 

 

Site Internet du conseil général des Hauts-de-Seine

albert-kahn.hauts-de-seine.net est un site du conseil général des Hauts-de-Seine