Albert-Kahn, musée et jardin départementaux: Exposition en cours

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A la recherche d'Albert Kahn. Inventaire avant travaux.

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18 juin 2013 - 21 décembre 2014


Le domaine boulonnais d’Albert Kahn (1860-1940), aujourd’hui propriété du département des Hauts-de-Seine, reste fortement marqué par l’empreinte de son fondateur, énigmatique à bien des égards. Avant le chantier de rénovation du musée qui se déroulera de janvier 2015 à l’été 2017, écrivant ainsi une nouvelle page de son histoire, il semblait opportun de faire un point sur les  connaissances accumulées au fil du temps sur l’homme et son œuvre. Les recherches récentes et en cours permettent d’affiner l’image que nous en avons, mettant l’accent sur des points ignorés ou rapidement entrevus jusqu’alors.

Cette exposition constitue une sorte d’inventaire avant travaux, préfigurant à grands traits le contenu du futur espace permanent du musée.

 

Albert Kahn (à droite), avec son cousin Léopold, lors de l’un de ses premiers grands voyages personnels vers 1896-1897. Don de Georgette Kahn.

© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

 

 

 

 

 

L’étrange Monsieur Kahn

Albert Kahn est né en Alsace au 19e siècle et fait rapidement fortune en spéculant sur le marché des matières premières. En 1898, il fonde sa propre affaire, la banque Kahn. Malgré ce succès fulgurant, il ne saurait être réduit à ses talents de financier. C’était aussi un grand idéaliste et pacifiste, à l’esprit foisonnant, ayant toujours un projet en tête. Tout au long de sa vie, il emploiera son temps et son argent à la création de multiples fondations d’intérêt général. La plus connue reste les Archives de la Planète qui recensaient en photographies couleur et films noir et blanc les témoignages d’un monde en proie au changement. On connaît également bien sa passion pour son jardin, réunissant différentes scènes paysagères, de la forêt vosgienne, symbole de son enfance, au jardin japonais témoignant de ses affinités avec un pays où il séjourna à plusieurs reprises.

Cette vision unilatérale d’un grand philanthrope donne à Kahn un statut quasi iconique, gommant ses aspects les plus humains. Pourtant, les recherches actuelles concernant l’analyse de la vision du personnage révèle que le banquier a déconcerté ses contemporains. Nombre de témoignages font état d’un homme à la personnalité complexe. Il est décrit tour à tour comme discret, excentrique, séduisant ou rustre.

Tous s’accordent à dire qu’il était « étrange » et qu’ il apparaissait comme un marginal. Paradoxalement, il a fait partie des courants de pensée et d’action de son époque et on peut le considérer comme un personnage emblématique du « siècle des philanthropes ». 

Alors, comment Albert Kahn se positionnait-il dans la société de son temps ? Quel était le mode de vie de ce millionnaire ? Comment relier des fondations en apparence aussi éloignées qu’un inventaire de la planète en images, un comité de secours national et un laboratoire de biologie ?

Ce sont ces questions, entre autres, que pose cette nouvelle exposition organisée en deux grands volets se faisant écho, insistant sur la pluralité du personnage et de ses fondations : Portraits d’un homme / Portraits d’une œuvre.

Le « paradoxe Albert Kahn » sera interrogé à travers un parcours basé sur une multiplicité de médiums : tirages photographiques, films, reproduction d’archives ou encore témoignages. Les collections du musée y sont largement exploitées – avec un accent particulier mis sur les films –, tout comme des reproductions d’images ou de documents provenant d’autres fonds publics et privés.

L’exposition, qui présente une vingtaine de séquences, permet de questionner tour à tour de multiples facettes de ce personnage complexe, en livrant des clés d’interprétation sans toutefois chercher à imposer une vision unique. De la même façon, l’œuvre du banquier philanthrope ouvre de vastes champs de réflexion sur le passé comme sur le présent. Chacun pourra s’enrichir selon sa propre sensibilité grâce aux découvertes faites lors de la visite de l’exposition.

Le visiteur est invité à participer à une recherche in progress, sorte d’enquête inachevée, puisque la figure d’Albert Kahn est à ce jour encore difficilement saisissable. 

En images


Découvrez quelques-unes des autochromes présentées dans l'exposition.

La Mercedes Simplex 60 chevaux d'Albert Kahn près du lac de Guéry
en Auvergne.

Autochrome d'Auguste Léon, 20 juillet 1911, inv. A 6 251.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Le Pourquoi pas ? IV de Jean-Baptiste Charcot dans l'Antarctique.

Opérateur non mentionné, sans lieu ni date.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine - Droits réservés

Le verger-roseraie, dessiné par Achille Duchêne (1896-1900).

Autochrome d'Auguste Léon, Boulogne, 6 juillet 1915, inv. B 587.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Le village japonais d'Albert Kahn.

Autochrome d'Auguste Léon, Boulogne, 20 avril 1915, inv. B 541.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

La villa Kahn au cap Martin.

Autochrome de Camille Sauvageot, janvier-février 1927, inv. C 1 074.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Enfants jouant aux quilles dans les ruines de Reims (place d'Erlon).

Autochrome de Fernand Cuville, 6 mars 1917, inv. A 6 251.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

L'opérateur Paul Castelnau à Ismaïlia, Egypte.

Autochrome de Charles Winckelsen, 15 juin 1918, inv. A 15 907.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Chef de canton et autorités villageoises devant la maison communale de Nam-giu, Tonkin, Indochine (auj. Vietnam).

Autochrome de Léon Busy, mai 1915, inv. 13 652
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Autour de la fontaine Sainte-Geneviève, Paris (5e arrondissement).

Autochrome de Stéphane Passet, 25 juillet 1914, inv. A 13 652.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Joueurs de tambours Yorouba à Sakété, Dahomey (aujourd'hui Bénin).

Autochrome de Frédéric Gadmer (mission R. P. Aupiais), 14 janvier 1930, inv. A 63 190 S. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Vasque de la basilique San Zeno à Vérone, Italie.

Autochrome de Fernand Cuville, 16 mai 1918, inv A 71 243 X.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Aristide Briand avec des membres de la délégation française à la conférence de Locarno.

D'après film noir & blanc 35 mm de Camille Sauvageot, 3-17 octobre 1925, inv. AI 95 102. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Cyprienne Douine posant dans la colonnade couverte de sa villa Cypris au cap Martin.

Autochrome de Roger Dumas, janvier 1923, inv. A 38 392 X.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Fayz Bey el Azm, un compagnon de l'émir Fayçal, Quweira, Arabie (aujourd'hui Jordanie)

Autochrome de Paul Castelnau, 2 mars 1918, inv. A 15 506.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Jean Brunhes, Boulogne.

Autochrome d'Auguste Léon, 11 septembre 1922, inv. A33818.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Albert Kahn sur le balcon de sa banque, 102 rue de Richelieu, Paris.

Autochrome de Georges Chevalier, 1914, inv. I135
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

   

 


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