Albert-Kahn, musée et jardin départementaux: Présentation détaillée

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Les Archives de la Planète

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Des images pour un monde en paix


« La photographie stéréoscopique, les projections, le cinématographe surtout, voilà ce que je voudrais faire fonctionner en grand afin de fixer une fois pour toutes des aspects, des pratiques et des modes de l’activité humaine dont la disparition fatale n’est plus qu’une question de temps ». Albert Kahn, janvier 1912

Albert Kahn est animé par un idéal de paix universelle. Sa conviction : La connaissance des cultures étrangères encourage le respect et les relations pacifiques entre les peuples. Il perçoit également très tôt que son époque sera le témoin de la mutation accélérée des sociétés et de la disparition des modes de vie traditionnels.

Il entreprend alors de créer les Archives de la Planète pour lesquelles il emploie des photographes et des cameramen chargés de saisir tous les aspects des us et coutumes qu’ils rencontrent lors de leurs missions. L’ambition du projet l’amène à confier sa direction scientifique au géographe Jean Brunhes (1869-1930), l’initiateur en France de la géographie humaine.

Deux inventions récentes des frères Lumière sont mises à contribution : le cinématographe (1895) et l’autochrome (1907).

Entre 1909 et 1931, Albert Kahn finance ainsi des campagnes photographiques et cinématographiques dans une cinquantaine de pays (Europe et d’Asie sont majoritaires). Ces Archives de la Planète constituent les collections du musée Albert-Kahn.

Les collections du musée Albert-Kahn sont un moyen remarquable de découvrir l’histoire, l’évolution des sociétés et les mœurs dans le monde de la première moitié du XX e siècle.

La salle dite "des plaques", lieu originel de conservation des plaques autochromes

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

 

Les collections


Des photographies

4 000 plaques stéréoscopiques, principalement en noir et blanc, (procédé de photographie restituant le relief) illustrent le voyage autour du monde qu’effectua Albert Kahn entre 1908 et 1909. Le Japon et la Chine sont particulièrement documentés.

72 000 plaques autochromes. Il s’agit de la plus importante collection au monde.

Une chambre photographique sur pieds

 © CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK et Bénédicte de CHANGY

 

Des films

Les films représentent 180 000 mètres. 35 mm muets, Noir et blanc pour la plupart hormis quelques rares sujets teintés ou en couleur «naturelles» (cf. procédé Keller-Dorian). Soit environ 100 heures de projection.

 

Il s’agit surtout de rushes (images brutes issues du tournage), auxquels s’ajoutent des films provenant d’actualités de l’époque. Ces films ont la particularité de n’avoir pratiquement jamais été montés à l’époque. Ils le furent seulement pour être projetés par Jean Brunhes lors de ses cours ou de ses conférences ou encore pour être montrés à Boulogne aux invités d’Albert Kahn.

 

Le musée réalise des films documentaires à partir de ces archives, projetés à l’occasion d’événements culturels nationaux, comme la fête de la Science ou les journées du Patrimoine, ainsi que dans des festivals internationaux du film. Ils sont aussi régulièrement présentés dans les expositions temporaires du musée.

 

Les nouvelles réserves

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

 

Les thèmes abordés


Les thèmes représentés dans les Archives de la Planète sont nombreux et variés, tant en France qu’à l’Etranger.

Ces films et ces photographies illustrent la vie quotidienne, la vie économique, politique et sociale, les évènements historiques et les enterrements de personnalités, ainsi que tout les sujets liés à la géographie humaine tels l’habitat, les costumes ou les transports mais aussi l’art, la culture, les religions, les milieux naturels.

D’autres sujets complètent ce kaléidoscope du début du XXe siècle, tels les invités personnels d’Albert Kahn ou de la Société Autour du Monde, les expositions internationales et salons d’art, l’aéronautique, la Première Guerre mondiale, la biologie, les propriétés d'Albert Kahn à Boulogne ou au cap Martin.

Les collections du musée sont un moyen remarquable de découvrir l’histoire, l’évolution des sociétés et les mœurs dans le monde de la première moitié du XXe siècle.

 

Ensemble du Sanctuaire du Dieu Bêl (esplanade et temple). Palmyre, Syrie, 18 octobre 1921.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 29 705 S).

© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

 

Des Archives de géographie humaine


Jean Brunhes proposa, au comité scientifique créé pour la mise en place des Archives de la Planète et composé d’Henri Bergson et d’Emmanuel de Margerie, deux orientations préliminaires :

  • des missions dites « globales »,  « des hommes d’une compétence reconnue seraient chargés d’enquêter sur des exemples complexes et d’enregistrer des faits de différents ordres : telles seraient les missions à faire partir tout de suite pour les pays en rapide transformation »
  • des méthodes dites « spécialisées », « chargées d’étudier une série déterminée de faits dans un cadre également déterminé ».

Jean Brunhes mit progressivement en place une équipe d’opérateurs. Il pouvait leur donner une formation rapide à la géographie humaine et des directives de prises de vues :
  - 1er groupe : faits d’occupation improductive du sol : a) maisons b) chemins ;
  - 2e groupe : faits de conquête végétale et animale : c) animaux domestiques d) champs et jardins ;
  - 3e groupe : faits d’économie destructive : e) dévastations végétales et animales f) exploitations minérales.

Le document iconographique perdant une partie de sa valeur sans légende, Jean Brunhes ajoutait à ces indications des consignes très précises pour l’identification des images :

« Règle générale : pour tout cliché soit ordinaire, soit autochrome, soit cinématographique, faire une fiche indépendante portant avec exactitude les trois indications suivantes :

  1. la date (jour et mois, et s’il y a lieu, pour certains effets de lumière, l’heure) ;
  2. le lieu (indication du nom de village ou du point en question et aussi indication de la région) ;
  3. le sujet (ne pas craindre de développer l’idée qui vous a fait choisir tel ou tel sujet ; même si votre interprétation est plus tard regardée comme inexacte, il sera très utile que vous ayez noté votre impression première ».

Jean Brunhes pouvait obtenir des cartes d’état-major à l’aide desquelles il définissait, en présence des opérateurs, l’itinéraire des missions en France et à l’étranger.

Le contenu des Archives de la Planète reprend les différentes classes et les différents stades de la géographie humaine organisés par Jean Brunhes dans sa thèse :  "

  1. Il y a une géographie des premières nécessités vitales : l’homme est soumis à ces premières nécessités, manger, se vêtir, dormir. Sa maison est un phénomène essentiel.
  2. Il y a une géographie de l’exploitation de la terre : l’homme exploite la terre ; il prévoit et prévient ses exigences futures ; quand la cueillette, la chasse, la pêche ne lui suffisent plus, il lui faut travailler, labourer le sol, domestiquer les animaux, exploiter mines et carrières.  
  3. Il y a une géographie économique et sociale : l’homme vit partout en groupe ; d’où la famille, les sociétés, la division du sol, la législation.
  4. Il y a enfin une géographie politique et une géographie de l’Histoire : l’homme fonde des États. "

Ainsi les Archives de la Planète s’articulent en deux grands groupes : les documents d’ordre géographique et ethnographiques et les documents montrant les mouvements sociaux et politiques.

Dans le premier groupe – qui représente la majorité des images fixes et la majorité des images animées (à l’étranger), on distingue prioritairement l’environnement et l’habitat : les paysages, les maisons, les monuments, tout type d’architecture, puis viennent les scènes de la vie quotidienne, l’élevage et l’agriculture, les moyens de locomotion ou de transport.

Le deuxième groupe fait référence à une géographie économique et sociale, d’une part, et à une géographie politique et de l’histoire, d’autre part ; il montre des phénomènes sociaux comme la religion, les fêtes diverses, les mariages et enterrements, les arts, les hommes célèbres (thème récurrent dans les films) et les scènes de la vie militaire, aussi bien en France qu’à l’étranger.

La diffusion des Archives


« Pour supprimer les causes, il faut supprimer le hasard, voir… prévoir. Prévoir, c’est… savoir ». Albert Kahn

Les Archives de la Planète ont eu, du vivant d’Albert Kahn, deux pôles de diffusion : interne, dans la propriété de Boulogne ; externe, en réponse à des demandes scientifiques.

Les projections à Boulogne étaient faites en l’honneur des invités, quand ceux-ci ne venaient pas spécialement pour visionner les documents.

Seront organisées, plus de 800 projections d’autochromes, autour de 75 sujets différents, et plus de 550 séances de films, sur plus de 170 sujets. Les sujets les plus projetés ont trait à des effets de couleurs et de lumière. Les autochromes étaient ensuite retenues pour l’architecture, les œuvres d’art, quand les films, eux, montraient des aspects scientifiques et techniques. La guerre et ses conséquences étaient aussi très présentes.

Le public était composé d’intellectuels : chefs religieux, grands universitaires, personnalités politiques, militaires, scientifiques…Albert Kahn assistait souvent aux projections.


La diffusion extérieure
était en priorité celle qu’en faisait Jean Brunhes au Collège de France, à la Sorbonne ou à l’étranger comme illustration de ses cours et conférences. Pour des raisons techniques, il projetait plus rarement les films.

Toutes les projections étaient faites dans un même but : instruire « l’élite » par l’accumulation du savoir et par le comparatisme pour « organiser l’Avenir ».

 

Une autochrome souvent projetée :
L’intérieur de la Cathédrale de Cordoue, Espagne, 21 juin 1914
Autochrome d’Auguste Léon, Inv. A 4587
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine


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En savoir plus

Site Internet du conseil général des Hauts-de-Seine

albert-kahn.hauts-de-seine.net est un site du conseil général des Hauts-de-Seine