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Les opérateurs des Archives de la Planète

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Une douzaine pour photographier et filmer le monde


Ils sont une douzaine a avoir collaboré régulièrement pour les Archives de la Planète.

La plupart des opérateurs sont mentionnés ci-dessous, avec entre parenthèses, leur zone de mission (tous ayant aussi effectué des missions en France) et leur période d’activité pour les archives. Les opérateurs principaux sont détaillés, dans les pages suivantes.

Uniquement photographe :

Auguste Léon (Europe, 1909-1930), Jean Brunhes (Europe, 1912-1930), Léon Busy (Afrique, Indochine, Europe, 1914-1920), Paul Castelnau (Moyen-Orient, Égypte, 1917-1919), Georges Chevalier (Europe, Afrique du Nord, 1914-1945), Fernand Cuville (Europe, 1917-1921).

Photographes et cinéastes

Stéphane Passet (Europe, Extrême-Orient, Afrique du Nord, 1912-1917 et 1929-1930), Frédéric Gadmer (Moyen-Orient, Afrique, Canada,1919-1932), Roger Dumas (Europe, Inde, Japon, 1920-1931).

Cinéastes

Lucien Le Saint (Europe, Moyen-Orient, Terre-Neuve, 1918-1923), Camille Sauvageot (Europe, Afrique du Nord, 1919-1932), Thibaud(t) (France, 1919-1931).

Opérateurs occasionnels

Alfred Dutertre (lors du voyage autour du monde d’Albert Kahn, 1908-1909), Souvieux et Jules Gervais-Courtellemont (Algérie et Tunisie, 1909-1910), Marguerite Mespoulet (Irlande, 1913), Bernardel et Chastenet (1915-1917), Eugène Muller, Lachalarde, Delecaille, Vertujol, Wilse...

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Auguste Léon (1857-1942)


D’abord photographe à son compte, il est, en 1909, le premier opérateur professionnel recruté par Albert Kahn.

Ses premiers documents enregistrés dans le Répertoire général datent de juin 1909 (des plaques noir et blanc des châteaux de la Loire) puis il accompagne son employeur en Amérique du Sud. Il y prend de nombreux clichés stéréoscopiques noir et blanc et s’essaie à la plaque autochrome. En 1910, il part, avec Albert Kahn, en Scandinavie et réalise un grand nombre d’autochromes et des stéréoscopies noir et blanc. Ses missions le conduisent ensuite dans d’autres pays européens, en Turquie et en Égypte mais aussi en France et dans les propriétés d’Albert Kahn à Boulogne et au cap Martin sur la Côte d’Azur.

À Boulogne, il réalise le portrait de nombreuses personnalités en relation avec Albert Kahn et qui visitent sa propriété. À partir de 1919, il assure aussi la gestion du laboratoire.

Auguste Léon et son épouse, Boulogne, 1918
Autochrome d'Auguste Léon (?), inv. 14552

© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Stéphane Passet (1875- ?)


Il s’engage à vingt ans dans l’armée, y reste quinze ans et obtient le grade d’adjudant.

En 1912, il est engagé aux Archives de la Planète et part en mission en Chine, puis en Turquie. Au tournant de 1912-1913, il est au Maroc ; en 1913, de nouveau en Chine et en Mongolie extérieure. Il embarque ensuite pour la Grèce. À la fin de l’année, il part aux Indes. Pendant la Grande Guerre, il sert dans l’artillerie mais continue de participer aux Archives de la Planète pour lesquelles il photographie Paris (1914), plusieurs départements (1915 à 1917), ainsi que les obsèques du Maréchal Foch (mars 1919).

Après la guerre, il quitte le service d’Albert Kahn pendant dix ans, au cours desquels il réalise au moins deux films de fiction en relief : La Belle au bois dormant et La Damnation de Faust.

Il revient aux Archives de la Planète en 1929 et 1930. Il réalise des autochromes en France et suit la Conférence internationale de La Haye d’août 1929.

Stéphane Passet présentant le produit de sa chasse, Mongolie, 1913
Autochrome, inv. 73 545X.

© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Jules Gervais-Courtellemont (1863-1931)


Il n’a jamais fait partie de l’équipe permanente des opérateurs des Archives de la Planète. Mais il est l’auteur de 84 plaques autochromes d’Algérie et de Tunisie et d’environ 200 m de film, probablement acquis par Albert Kahn et qui font partie du fonds des Archives de la Planète.

Il a passé une partie de sa jeunesse en Algérie et a commencé à voyager très tôt en essayant de vivre de ses expériences (collaborant au journal L’Illustration et publiant ses récits). La commercialisation de l’autochrome marque une étape décisive en lui offrant la technique qui lui faisait défaut pour mener à bien un projet photographique initié depuis la fin du XIXe siècle : celui d’un explorateur, homme de son temps, animé par la volonté de documenter le monde qui l’entoure.
Dès 1908, il rapporte d’un voyage au Moyen-Orient, une collection d’autochromes qui feront sa notoriété grâce à des projections publiques sous le titre de « Visions d’Orient ». Ce sont 84 de ses autochromes qui font aujourd’hui partie des Archives de la Planète.

Sa boutique parisienne « Photo-Couleur », ses conférences illustrées d’autochromes et ses contributions régulières à la presse illustrée (L’Illustration, National Geographic), feront reconnaître Jules Gervais-Courtellemont comme une personnalité incontournable de la photographie couleur jusque dans les années 1930.

Ces autochromes sont aujourd’hui principalement conservées au National Geographic Museum de Washington et à la Cinémathèque Robert-Lynen de la Ville de Paris.

Roger Dumas (1891-1972)


D’abord artisan encadreur, il devient portraitiste auprès d’un photographe. Le 25 juin 1920, il entre au service des Archives de la Planète. Les premières années, il travaille à Boulogne où il réalise la plupart des portraits des invités d’Albert Kahn et des membres de la Société Autour du Monde.

Au printemps 1926, il effectue sa première grande mission en partant au Japon. Particulièrement attaché à ce pays, il en apprend la langue et peut se passer d’un interprète. En 1927, il part aux Indes. En 1929, il effectue une mission photographique et cinématographique en Bretagne accompagné de l’opérateur cinématographique Camille Sauvageot.

Passionné par la restitution des couleurs, il expérimente pour les Archives de la Planète la cinématographie en couleur (procédé Keller-Dorian) et, après son départ le 25 octobre 1931, il tente de mettre au point un procédé industriel de cinéma en couleur.

Il est l’une des rares personnes à assister aux obsèques d’Albert Kahn.

Georges Chevalier (1882-1967)


Formé à la photographie par Auguste Léon, il entre au service des Archives de la Planète fin 1913. Il prend des plaques autochromes de Paris, de départements ravagés par la guerre mais travaille aussi dans plusieurs pays étrangers et réalise le portrait des nombreux invités de la propriété d’Albert Kahn. En 1920 et 1924, il effectue des missions en Bretagne.

Après la ruine du banquier en 1934, il veille sur les collections de plaques autochromes et de films à titre bénévole. En 1936, il en devient officiellement responsable pour le Département de la Seine, nouveau propriétaire de la collection Kahn. Il continue d’achever le développement de nombreuses plaques autochromes qui n’avaient pas été totalement traitées au moment de la prise de vue.
Avec sa collaboratrice Marguerite Magné de Lalonde, il continue de photographier (Exposition internationale de 1937, propriétés du département de la Seine...) et organise des projections de plaques autochromes y compris pendant la guerre.

Il prend sa retraite fin 1949 et décède à Boulogne 18 ans plus tard.

Camille Sauvageot (1889-1961)


Issu de la Section cinématographique et photographique de l’Armée créée pendant la Première Guerre mondiale, il rentre au service d’Albert Kahn en 1919 essentiellement pour cinématographier, même si on lui doit des autochromes de Palestine et des Vosges.

En 1929, lors d’une mission en Bretagne avec Roger Dumas, il prend des films en noir et blanc mais aussi en couleurs de la Grande Troménie de Locronan avec le procédé Keller-Dorian. Il prendra aussi des vues de Paris, en tout quarante-cinq minutes de film couleur, aujourd’hui restaurées, qui concrétisent le rêve d’Albert Kahn d’associer couleur et mouvement pour restituer la réalité du monde.

Après la ruine du banquier et la Seconde Guerre mondiale, il participe pour la société Thomson, aux recherches sur la cinématographie couleur et est l’opérateur en 1947 de la version couleur du film de Jacques Tati Jour de fête avec le système de pellicule gaufrée Thomson Color.

Paul Castelnau (1880-1944)


Géographe de formation, il intègre pendant la Première Guerre mondiale, le Service géographique de l’Armée, puis la Section cinématographique et photographique. Les plaques autochromes qu’il prend des régions dévastées du nord et de l’est de la France et de la Belgique sont réparties entre l’Armée et les Archives de la Planète.

Sa collaboration aux Archives de la Planète est de courte durée puisqu’elle se termine en 1919 avec des plaques des reconstructions dans la Marne et l’Aisne.

Il termine sa thèse de géographie interrompue par la guerre et lié à Jean Brunhes, il produit pour sa collection une carte de géographie de l’Asie occidentale.

Il veut gagner sa vie comme cinéaste documentariste et fin 1922 - début 1923, il participe à la première traversée du Sahara comme géographe et cinéaste. Au printemps 1926, il repart en expédition et tourne pour la Société de géographie, un film qui connut un grand succès, Voyage à la Terre de Feu.

Paul Castelnau, Boulogne, 22 août 1917
Autochrome d'Auguste Léon, inv. 11906.
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Léon Busy (1894-1951)


Diplômé de l’École polytechnique, il est nommé en 1898 lieutenant d’intendance à Hanoi.

De 1913 à 1924, il membre de la Société française de photographie.

En 1914, il propose à Jean Brunhes de se mettre au service des Archives de la Planète, au cours de ses séjours en Indochine ou de ses escales. Il fourni plus de 1700 plaques autochromes sur le Tonkin et le Cambodge. Son travail est projeté à la Société de géographie. Il y parraine plusieurs des opérateurs Kahn.

Il se passionne également pour les problèmes techniques et invente en 1921 un appareil qui permet de déterminer le temps de pose nécessaire à l’obtention d’une bonne autochromie. 

Après sa retraite de l’Armée, il continue à photographier le Tonkin pour l’administration et rentre en France en 1931.

 

Frédéric Gadmer (1878-1954)


Il est membre pendant la Première Guerre mondiale de la Section cinématographique et photographique de l’Armée.

En 1919, il entre aux Archives de la Planète. Dès son arrivée, il part en Syrie, au Liban, en Turquie et en Palestine puis repart au Levant en 1921 avec Jean Brunhes, directeur scientifique qu’il accompagne par ailleurs au Canada en 1926.

Photographe prolifique mais aussi cinématographiste pour la collection d’Albert Kahn, il est spécialiste des contrées lointaines. Il couvre le Dahomey l’Irak, la Perse, l’Afghanistan, l’Algérie, la Tunisie, l’Europe (Belgique, Suisse, Allemagne) et la France (les départements détruits par la Première Guerre mondiale, la Savoie, Paris…).

En 1931, il saisit l’Exposition coloniale à Vincennes et termine sa collaboration aux Archives de la Planète, en fixant le 12 mars 1932 les funérailles d’Aristide Briand, promoteur de la Paix. Il travaille ensuite pour une entreprise de cartes postales.

Frédéric Gadmer
Photogramme, inv. 70860
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Fernand Cuville (1887-1927)


Il fait partie de la Section cinématographique et photographique de l’Armée lors de la Première Guerre mondiale. Les plaques autochromes qu’il rapporte (départements français victimes de la guerre mais aussi monastères du Mont-Athos) sont  partagées entre l’Armée et les Archives de la Planète.

Il est démobilisé fin juillet 1919 mais continue de travailler pour Albert Kahn, partant seul ou accompagnant Georges Chevalier. Il opère à Versailles, à Paris, en Angleterre, suit les  reconstructions en Marne, Aisne, Meuse, Haut-Rhin puis se cantonne au sud -ouest français.

Ses dernières plaques pour les Archives de la Planète datent d’août.

 

Fernand Cuville, Boulogne, 16 janvier 1918

Autochrome d’Auguste Léon, inv. 13099.

© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Lucien Le Saint (1881-1931)


Il commence sa carrière comme opérateur chez Gaumont pour les actualités et pour des fictions. De mai 1917 à mars 1918, il appartient à la Section Cinématographique et photographique de l’Armée et se distingue par ses prises de vue aériennes.

Il intègre les Archives de la Planète en 1918 et y travaille comme opérateur films exclusivement. Il tourne beaucoup (les régions dévastées par la guerre, le Liban, la Syrie, l’Autriche, l’Allemagne, la Belgique, Terre-Neuve, les régions françaises).

En 1923, il devient opérateur d’actualités pour Pathé News mais tourne aussi Tour au large en 1927 avec le réalisateur Jean Grémillon.

La fin de sa vie est marquée par la cécité.

   

Lucien Le Saint, 2 octobre 1917

Autochrome d’Auguste Léon, inv. 12482.

© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Marguerite Mespoulet (1880-1965)


Agrégée d’anglais, elle remporte en 1907 une bourse de voyage « Autour du Monde ». À son retour de voyage, elle fréquente la Société Autour du Monde et entre en contact avec les Archives de la Planète.

En 1913, elle part en Irlande accompagnée de Madeleine Mignon, une autre ex-boursière, agrégée de mathématiques. Mais Marguerite Mespoulet est la seule  mentionnée comme ayant pris des clichés. Elle tient aussi un carnet de prises de vues, où elle note les légendes et des commentaires.

Après cette unique mission pour les Archives de la Planète, elle continue d’enseigner à Paris puis s’installe à la fin des années 20 à New-York.

Elle reste la seule ancienne boursière d’Albert Kahn, la seule non spécialiste de la photographie et la seule femme ayant travaillé pour les Archives de la Planète.

Alfred dit Albert Dutertre (1884-1964)


Il est le premier opérateur photographique et cinématographique ayant travaillé pour Albert Kahn.

Il entre d’abord au service du banquier comme mécanicien-chauffeur en novembre 1905. Il le conduit à ses bureaux de la rue de Richelieu à Paris mais effectue aussi des parcours de loisir ou des voyages en Europe.

En juillet 1908, quand il revient du régiment, Albert Kahn a acheté un appareil photographique stéréoscopique et le fait former à la prise de vues et au développement des clichés en noir et blanc et en couleurs (l’autochrome est commercialisé depuis 1907). En août et en septembre, Dutertre prend des clichés stéréoscopiques à Paris, en province, en Allemagne, en Italie.

En octobre 1908, Albert Kahn lui annonce qu’ils partent ensemble faire un très grand voyage et lui fait acheter un autre appareil, une caméra « Pathé », un appareil phonographique enregistreur de sons, 4 000 plaques noir et blanc stéréoscopiques, quelques centaines de plaques autochromes stéréoscopiques, 3 000 mètres de films et des rouleaux de cire pour enregistrement sonore.

À la fin de l’année, c’est le départ pour le grand voyage que le jeune opérateur relate avec précision dans son « Journal de route de mon voyage autour du monde, du 13 novembre 1908 au 11 mars 1909 ». Dutertre utilise toutes les plaques de verre et tourne aussi des films. Seul la prise de son échouera.

Il quittera ensuite le service d’Albert Kahn et s’installera dans le nord de Paris. Son frère et sa belle-sœur travailleront pour Albert Kahn.

 

 Alfred, dit Albert Dutertre Inv. N 1229

© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine


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